Une borne de gonflage est un poste de coût pur pour l'exploitant d'un site : achat de l'équipement, maintenance, manomètre à faire étalonner. Aucune recette ne vient en face, puisque la prestation doit rester gratuite pour l'automobiliste. Jusqu'au 23 septembre 2026, la fiche CEE TRA-SE-104 compensait ce déséquilibre en valorisant le contrat d'entretien qui maintient la station en état de marche. Elle est supprimée depuis le 24 septembre 2026 : cette page décrit ce qu'elle couvrait, ce qui reste possible pour un contrat déjà signé et les fiches encore ouvertes.
Ce que change l'abrogation de la fiche TRA-SE-104
L'arrêté du 18 septembre 2026 supprime la fiche TRA-SE-104 du catalogue des opérations standardisées, à compter du 24 septembre 2026. Pour un exploitant de station de gonflage, trois conséquences :
- Un contrat signé à compter du 24 septembre 2026 ne produit plus de certificats, qu'il s'agisse d'une première station ou d'un renouvellement.
- Un contrat signé avant cette date reste valorisable si le demandeur de certificats le déclare au ministère dans le tableau de recensement prévu par l'arrêté, au plus tard le 2 octobre 2026.
- Aucune fiche de remplacement n'est prévue : le gonflage mis à disposition du public sort du dispositif CEE.
Que finançait la fiche CEE station de gonflage ?
La fiche TRA-SE-104 portait sur la mise en place d'un contrat d'entretien d'une station de gonflage des pneumatiques, ou sur le maintien en service d'une installation existante. L'objet valorisé était le service, pas le matériel.
C'était une singularité dans le catalogue des opérations standardisées. La quasi-totalité des fiches finance l'achat et la pose d'un équipement, une fois. Ici, la prime rémunérait un engagement contractuel d'entretien, avec une durée de vie conventionnelle d'un an.
La logique physique est celle du sous-gonflage. Un pneumatique dégonflé de 0,5 bar augmente la résistance au roulement et la consommation du véhicule. L'économie d'énergie n'était donc pas réalisée par la station, mais par les véhicules particuliers et utilitaires légers qui venaient s'y gonfler.
Ce que la fiche finançait
La fiche ne finançait pas l'installation d'une borne, mais la garantie qu'elle fonctionne, qu'elle soit étalonnée et qu'elle reste accessible gratuitement aux conducteurs.
Quels sites étaient concernés par cette prime ?
Le périmètre était large. Toute personne morale exploitant un site accessible à des véhicules de catégorie M1 ou N1 pouvait entrer dans le dispositif. Ces deux catégories désignent les voitures particulières et les utilitaires légers, au sens de l'article R.311-1 du code de la route.
Dans les faits, cinq familles d'exploitants étaient concernées :
- Les stations-service, du réseau autoroutier au point de vente indépendant de centre-bourg.
- Les garages et centres auto, qui proposent presque toujours déjà le gonflage gratuit.
- La grande distribution et les parkings de galeries marchandes.
- Les collectivités territoriales, sur leurs parkings publics comme sur leurs centres techniques.
- Les entreprises disposant d'un parking de flotte ou de personnel.
Le statut juridique importait peu. Ce qui comptait, c'était la nature du site et la conformité de l'installation au référentiel technique décrit plus bas.
Pourquoi la prime dépendait-elle de l'emplacement du site ?
Le forfait de kWh cumac attribué variait selon la typologie de la station. Le raisonnement du régulateur était simple : plus le lieu draine de véhicules parcourant de longues distances, plus l'effet du bon gonflage sur la consommation nationale est important.
Trois typologies coexistaient dans la version A14, applicable jusqu'au 23 septembre 2026 :
- Type A : autoroutes et voies de type autoroutier disposant d'aires de stationnement ou de repos — 534 200 kWh cumac par station.
- Type B : zones urbaines et périurbaines, zones d'activité, parkings ouverts au grand public, y compris hors agglomération — 148 400 kWh cumac.
- Type C : parkings privés d'entreprise ou de collectivité — 39 600 kWh cumac.
Le forfait était attribué par station et par contrat. Il ne dépendait ni du nombre de gonflages réalisés, ni du trafic constaté, ni d'une mesure d'économie sur site. Ces volumes ne servent plus qu'au calcul des contrats signés avant le 24 septembre 2026 ; le détail figure sur la page prix et aides.
Le gonflage devait-il rester gratuit pour l'automobiliste ?
Oui, c'était une condition non négociable. Le cahier des charges de référence, publié par le Syndicat national des professionnels du pneumatique, impose que la prestation soit offerte sans contrepartie financière au conducteur.
Une borne équipée d'un monnayeur en service sortait du périmètre de la fiche : l'installation pouvait être parfaite techniquement, si elle encaissait une pièce, elle n'ouvrait aucun droit.
Cette contrainte expliquait l'intérêt économique du montage : l'exploitant supportait un service qu'il ne facture pas, et la prime CEE finançait tout ou partie du contrat d'entretien correspondant.
Le détail des conditions, utile pour contrôler un contrat signé avant le 24 septembre 2026, figure sur la page conditions d'éligibilité.
Quelles caractéristiques l'installation devait-elle présenter ?
Le référentiel technique tient en une dizaine d'exigences vérifiables sur site. Les principales portent sur la capacité de l'installation, la métrologie et l'accessibilité.
L'équipement devait pouvoir délivrer au minimum 3,5 bar pour les véhicules légers et 5,5 bar pour les utilitaires et camping-cars. Le réseau d'air comprimé devait suivre, ou un compresseur autonome être dédié à la station.
Le manomètre faisait l'objet d'un contrôle par un organisme accrédité. Un affichage des conseils de gonflage devait être visible. L'emplacement devait être matérialisé, doté d'une aire de manœuvre, et accessible à tous les conducteurs sans manipulation complexe.
Enfin, tout composant défectueux devait être remplacé dans un délai court par un prestataire agréé : c'était précisément l'objet du contrat d'entretien que la fiche finançait.
Source : cahier des charges TNPF des stations de gonflage, référentiel cité par la fiche d'opération standardisée.
Un contrat signé avant le 24 septembre 2026 est-il encore valorisable ?
Oui, sous condition. Pour cette fiche, la date d'engagement était celle de la signature du contrat d'entretien. Un contrat signé au plus tard le 23 septembre 2026 relève donc encore de TRA-SE-104.
L'arrêté impose une formalité : le demandeur de certificats doit déclarer les opérations engagées au ministère, dans le tableau de recensement établi par la direction générale de l'énergie et du climat, au plus tard le 2 octobre 2026. Un contrat signé mais absent de ce recensement n'est pas protégé.
Les règles de la fiche continuent de s'appliquer à ces dossiers : la démarche CEE devait précéder la signature du contrat, et une reconduction tacite ne constituait pas un engagement nouveau.
À vérifier sans attendre
Si votre contrat d'entretien a été signé avant le 24 septembre 2026, assurez-vous auprès de votre demandeur de certificats qu'il figure bien dans sa déclaration. Passé le 2 octobre 2026, il ne pourra plus être rattrapé.
La prime récurrente prend fin
La durée de vie conventionnelle de l'opération était d'un an : l'opération se rejouait à chaque nouvel engagement contractuel. Cette récurrence s'arrête avec l'abrogation : aucun renouvellement signé à compter du 24 septembre 2026 ne produit plus de certificats.
Pour un exploitant multi-sites, qui raisonnait en flux annuel adossé à son budget de maintenance, l'entretien des stations redevient un coût non compensé.
Les configurations chiffrées, conservées à titre historique, sont détaillées sur la page cas pratiques, et les questions sur l'abrogation sont regroupées dans la FAQ dédiée.
Quelles aides CEE restent ouvertes sur les pneumatiques ?
Aucune fiche ne reprend la mise à disposition d'une station de gonflage au public. Les opérations encore en vigueur sur le poste pneumatique visent les flottes de véhicules :
- TRA-SE-108 à TRA-SE-111 : gestion externalisée ou optimisée de la globalité du poste pneumatique, pour les véhicules de transport de marchandises ou de personnes ;
- TRA-SE-105 : recreusage des pneumatiques ;
- TRA-EQ-106 : pneus de véhicules légers à basse résistance au roulement.
L'ensemble des opérations du secteur est recensé dans notre catalogue des fiches CEE transport.
Sources : arrêté du 18 septembre 2026 abrogeant les fiches TRA-SE-104 et AGRI-EQ-110 (NOR ECOR2624709A), Journal officiel du 23 septembre 2026 ; fiche d'opération standardisée TRA-SE-104 v A14 (version historique), ministère de la Transition écologique.
Questions fréquentes
La prime CEE pour station de gonflage existe-t-elle encore ?
Non. La fiche TRA-SE-104 est supprimée par l'arrêté du 18 septembre 2026, publié au Journal officiel du 23 septembre 2026. Aucun contrat d'entretien signé à compter du 24 septembre 2026 ne peut plus être valorisé, et aucune fiche ne reprend ce périmètre.
Mon contrat a été signé avant le 24 septembre 2026 : que faire ?
Il reste valorisable à condition que le demandeur de certificats le déclare au ministère dans le tableau de recensement prévu par l'arrêté, au plus tard le 2 octobre 2026. Un contrat reconduit tacitement ne constitue pas un engagement valorisable.
Le montant de la prime dépendait-il du nombre de véhicules gonflés ?
Non. Le forfait était attribué par station selon sa typologie A, B ou C. Aucun comptage d'usage, aucune mesure d'économie sur site n'entrait dans le calcul.
Quelles fiches CEE restent ouvertes sur le poste pneumatique ?
Les fiches encore en vigueur visent les flottes de véhicules : gestion externalisée ou optimisée du poste pneumatique (TRA-SE-108 à TRA-SE-111), recreusage des pneumatiques (TRA-SE-105) et pneus de véhicules légers à basse résistance au roulement (TRA-EQ-106).
Un contrat d'entretien signé avant le 24 septembre 2026 ?
Si votre contrat a été signé au plus tard le 23 septembre 2026, il peut encore être valorisé, à condition d'être déclaré avant le 2 octobre 2026 : nous vérifions la date de signature, les pièces et la déclaration. Pour un site sans contrat antérieur, nous examinons les autres opérations mobilisables.
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