"L'énergie la plus propre est celle que l'on ne consomme pas."
- Proverbe
Ce proverbe incarne la philosophie de la transition énergétique. La fiche BAT-TH-113 a financé pendant des années l'installation de PAC de type air/eau ou eau/eau dans les bâtiments tertiaires. Depuis le 1er janvier 2026, elle est remplacée par BAT-TH-163 (air/eau) et BAT-TH-164 (eau/eau ou eau glycolée/eau). Le geste, lui, reste le même : en exploitant les calories présentes dans l'environnement, ces systèmes décarbonent le chauffage et réduisent drastiquement la consommation d'énergie.
La pompe à chaleur dans le secteur tertiaire : un levier de performance
Le secteur tertiaire (bureaux, commerces, santé, enseignement, hôtellerie...) représente un gisement d'économies d'énergie majeur. Le Décret Tertiaire impose des objectifs ambitieux (-40 % dès 2030).
Dans ce contexte, la pompe à chaleur (PAC) est une solution incontournable. Elle permet de :
- Répondre aux exigences réglementaires.
- Réduire significativement les factures énergétiques.
- Diminuer l'empreinte carbone des bâtiments.
Selon l'ADEME, le parc de PAC en tertiaire a cru de 35 % entre 2020 et 2023, preuve de l'efficacité de cette technologie qui produit plus d'énergie qu'elle n'en consomme.
Les PAC permettent de diviser par deux la facture de chauffage par rapport au gaz. L'ADEME a mesuré des COP moyens réels de 2,9 (air/eau) et 4,3 (eau/eau) sur le terrain.
Comprendre les indicateurs : COP, SCOP et ETAS
Pour choisir une PAC performante, il faut maîtriser trois indicateurs clés :
COP (Coefficient de Performance)
C'est le rendement instantané à un moment T (ex. : à +7°C). Un COP de 3 signifie que pour 1 kWh consommé, la PAC restitue 3 kWh de chaleur. Utile pour comparer les modèles, mais insuffisant car il ne reflète pas toute la saison.
SCOP (Coefficient de Performance Saisonnier)
Bien plus pertinent, le SCOP mesure la performance sur toute une saison de chauffe, en intégrant les variations de température. C'est l'indicateur de référence pour estimer vos économies réelles.
ETAS (Efficacité Énergétique Saisonnière)
Exprimé en pourcentage, l'ETAS est l'indicateur le plus global. Il prend en compte la consommation saisonnière mais aussi les périodes de veille. Un ETAS > 150 % indique une machine très performante.
Pour résumer : Privilégiez toujours le SCOP et l'ETAS pour vos choix d'investissement en tertiaire. Ce sont les garants de la rentabilité réelle.
Le rôle de l'ADEME et les fiches CEE
L'ADEME accompagne la filière via des études de performance et des guides techniques indispensables pour les maîtres d'ouvrage. Le dispositif des CEE s'appuie sur ces recommandations.
Les fiches CEE clés pour le tertiaire
- BAT-TH-163 : « Pompe à chaleur de type air/eau ». C'est aujourd'hui la fiche de référence pour le chauffage en tertiaire.
- BAT-TH-164 : « Pompe à chaleur de type eau/eau ou eau glycolée/eau », pour la géothermie et les PAC sur nappe.
- BAT-TH-113 : l'ancienne fiche unique, qui couvrait à la fois l'air/eau et l'eau/eau et exigeait un COP minimum de 3,4 au-delà de 400 kW. Abrogée le 1er janvier 2026 : ce seuil ne peut pas être transposé tel quel aux fiches qui lui succèdent.
- BAT-TH-158 : « Pompe à chaleur réversible de type air/air », pour les installations à détente directe.
- BAT-TH-115 : « Climatiseur performant (France d'outre-mer) ». Son périmètre est exclusivement l'outre-mer, et non la métropole.
- BAT-TH-116 (GTB) : Indispensable pour piloter votre PAC. Une GTB performante (Classe A ou B) est souvent financée en complément.
Quelle technologie de PAC pour votre bâtiment ?
Le choix dépend de vos contraintes (terrain, émetteurs, budget) :
PAC Air/Eau
Le standard polyvalent. Elle prélève les calories
de l'air extérieur pour chauffer un réseau d'eau (radiateurs,
plancher).
Avantages : Installation simple, coût modéré, adaptable
en rénovation.
Idéal pour : Bureaux, petits commerces, rénovation de
chaufferie gaz/fioul.
PAC Eau/Eau (Géothermie)
La performance ultime. Elle puise la chaleur dans
le sol ou la nappe phréatique, où la température est constante.
Avantages : SCOP exceptionnel (> 5), performance stable
même par grand froid, rafraîchissement passif (geocooling).
Idéal pour : Grands bâtiments, projets neufs, besoins
importants et constants.
PAC Air/Air (hors périmètre de BAT-TH-163 et BAT-TH-164)
Souvent appelée "climatisation réversible". Elle chauffe l'air
directement, sans passer par un réseau d'eau.
Attention : Elle relève d'une fiche distincte,
BAT-TH-158 « Pompe à chaleur réversible de type
air/air », et non des fiches PAC hydrauliques. Elle est
plus adaptée aux besoins de climatisation prioritaires.
PAC Hybride
Combine une PAC air/eau et une chaudière (gaz/fioul). La chaudière
ne s'allume que lors des pics de froid.
Avantages : Sécurise le confort, optimise
l'investissement (PAC moins puissante), idéal en rénovation sans
changer les radiateurs haute température.
Côté CEE : il n'existe pas de fiche « PAC
hybride » en tertiaire — la seule fiche hybride du
catalogue, BAR-TH-159, relève du secteur résidentiel. En tertiaire,
c'est donc l'admissibilité de la configuration au titre de
BAT-TH-163 qu'il faut vérifier dans le texte de la fiche.
Financer votre installation
Le coût initial est amorti par les économies et les aides :
Les CEE (Certificats d'Économies d'Énergie)
C'est l'aide principale. La fiche à mobiliser est désormais BAT-TH-163 (air/eau) ou BAT-TH-164 (eau/eau, eau glycolée/eau) — et non plus BAT-TH-113, abrogée. La prime est proportionnelle aux économies générées (zone climatique, surface). Des bonus "Coup de Pouce" existent pour le remplacement de chaudières fossiles.
Le Fonds Chaleur ADEME
Pour les gros projets (notamment géothermie). Il subventionne les études et l'investissement (jusqu'à 60 % pour la géothermie). Attention, souvent non cumulable avec les CEE pour le même poste, il faut comparer !
Garantir la performance dans la durée
Maintenance rigoureuse
Un contrat de maintenance est vital. Il assure le nettoyage des échangeurs et la vérification de l'étanchéité (obligatoire). Une PAC mal entretenue peut perdre 20 % de rendement.
Pilotage & GTB
Une PAC ne se gère pas comme une chaudière. L'associer à une GTB (Gestion Technique du Bâtiment) permet d'adapter la chauffe à l'occupation réelle et d'éviter les dérives. C'est aussi une exigence du décret BACS.
Points de vigilance
- Dimensionnement Ne pas sur-dimensionner (usure prématurée) ni sous-dimensionner (recours excessif à l'appoint). Une étude thermique est obligatoire.
- Acoustique Attention au bruit des unités extérieures pour le voisinage et les bureaux. L'emplacement est stratégique.
- Réseau existant Vérifiez la compatibilité de vos radiateurs (régime de température). Une PAC basse température sur de vieux radiateurs fonte ne chauffera pas assez.
- Fluides frigorigènes Anticipez la réglementation F-Gas. Privilégiez les fluides à faible GWP (R32, R290...) pour la pérennité de l'installation.
Questions fréquentes
La PAC air/air est-elle éligible avec cette fiche ?
Non. BAT-TH-113 ne concernait que les PAC air/eau et eau/eau, raccordées à un réseau d'eau chaude — et ses deux fiches remplaçantes, BAT-TH-163 (air/eau) et BAT-TH-164 (eau/eau ou eau glycolée/eau), conservent ce périmètre. Les PAC air/air à détente directe relèvent d'une fiche distincte, BAT-TH-158 « Pompe à chaleur réversible de type air/air », qui est en vigueur.
Peut-on garder l'ancienne chaudière en relève ?
Techniquement oui, c'est ce qu'on appelle une installation hybride. La PAC assure la base (ex. : jusqu'à 5°C ext) et la chaudière existante (gaz, fioul) prend le relais uniquement par grand froid ou pour les pics de besoins. Cela permet souvent d'installer une PAC moins puissante et moins chère, tout en garantissant un confort optimal.
Côté CEE en revanche, attention à une confusion répandue : aucune fiche tertiaire ne finance spécifiquement les PAC hybrides. La fiche BAT-TH-159, parfois citée à ce titre, s'intitule en réalité « Raccordement d'un bâtiment tertiaire à un réseau de froid » : elle n'a aucun rapport avec les PAC hybrides. La seule fiche hybride du catalogue, BAR-TH-159, relève du secteur résidentiel. En tertiaire, il faut donc vérifier si la configuration hybride reste admissible au titre de BAT-TH-163, dans son texte en vigueur.
Quelle est la durée de vie moyenne d'une PAC tertiaire ?
La durée de vie d'une PAC tertiaire bien dimensionnée, installée et entretenue est d'environ 15 à 20 ans pour le compresseur, et bien plus pour les autres composants (unités intérieures, échangeurs). Un entretien régulier et un suivi des performances sont essentiels pour maximiser cette durée.
Les PAC géothermiques nécessitent-elles des autorisations particulières ?
Oui, l'installation de PAC géothermiques (eau/eau ou sol/eau) implique des travaux de forage qui sont soumis à des réglementations spécifiques. Il est impératif d'obtenir les autorisations préfectorales et communales nécessaires avant d'engager les travaux, et de faire appel à des foreurs qualifiés (RGE Géothermie).