Pour une serre chauffée, la pompe à chaleur est aujourd'hui l'opération la mieux valorisée par les certificats d'économies d'énergie. Depuis 2026, plusieurs fiches serre ont été abrogées (déshumidification AGRI-TH-117 et AGRI-TH-119, double paroi gonflable AGRI-EQ-112) : la fiche AGRI-TH-108, elle, reste en vigueur sans date de fin annoncée et bonifie fortement le remplacement d'un chauffage fossile.
Pour quelles serres la pompe à chaleur est-elle rentable ?
La fiche vise les serres maraîchères et horticoles, neuves ou existantes. Un projet a le plus de chances d'être rentable quand trois conditions sont réunies :
- La serre est chauffée et son besoin de chauffage est important : c'est la puissance nécessaire qui justifie la pompe à chaleur, et c'est elle qui fixe la surface prise en compte par la prime.
- La chaleur est distribuée par eau (tubes rails, tubes de végétation, réseau basse température) : une PAC air/eau ou eau/eau produit de l'eau chaude et s'y raccorde directement.
- Le chauffage actuel fonctionne au gaz, au propane ou au fioul : les économies de combustible amortissent le reste à charge après déduction de la prime.
Point à vérifier en premier : la fiche exclut les pompes à chaleur installées en relève d'une chaudière à haute performance énergétique. Si votre serre est déjà chauffée par une chaudière à haute performance que la PAC viendrait seulement seconder, aucun certificat n'est délivré. Nous vérifions votre configuration avant tout devis.
Conditions de la fiche AGRI-TH-108
La pompe à chaleur
- PAC de type air/eau ou eau/eau, mise en place pour le chauffage de la serre.
- Puissance thermique nominale jusqu'à 400 kW : efficacité énergétique saisonnière (ηs, règlement UE n° 813/2013) d'au moins 111 % pour une PAC moyenne ou haute température, et d'au moins 126 % pour une PAC basse température.
- Au-delà de 400 kW : COP d'au moins 3,4, mesuré selon la norme EN 14511-2 pour une eau à 35 °C en sortie de l'échangeur intérieur. Il n'y a pas de puissance maximale.
- Mise en place par un professionnel. La certification RGE n'est pas exigée pour cette opération agricole.
La serre et le dossier
- Serre maraîchère ou horticole, neuve ou existante, sans condition de zone climatique.
- La facture mentionne la mise en place d'une PAC air/eau ou eau/eau, sa puissance thermique nominale, son type de température (jusqu'à 400 kW) et sa performance (ηs ou COP).
- Durée de vie conventionnelle retenue par la fiche : 17 ans.
Le texte officiel de la fiche est disponible sur le calculateur CEE de l'ADEME. Notre fiche AGRI-TH-108 en reprend le détail réglementaire.
Calcul de la prime CEE et exemples chiffrés
Le volume de certificats est un forfait par m² de serre chauffée, multiplié par une surface retenue : kWh cumac = montant par m² × Smin.
| Puissance et performance de la PAC | Serre maraîchère (kWh cumac/m²) | Serre horticole (kWh cumac/m²) |
|---|---|---|
| Jusqu'à 400 kW, ηs de 111 % à moins de 126 % | 800 | 380 |
| Jusqu'à 400 kW, ηs d'au moins 126 % | 970 | 460 |
| Plus de 400 kW, COP de 3,4 à moins de 4 | 780 | 370 |
| Plus de 400 kW, COP d'au moins 4 | 1 040 | 490 |
La surface retenue Smin est la plus petite des deux valeurs suivantes, S étant la surface chauffée par la PAC (en m²) et P sa puissance thermique nominale (en kW) : S ou 15 × P en serre maraîchère, S ou 31 × P en serre horticole. La puissance plafonne donc la surface valorisée : pour qu'un hectare de serre maraîchère soit entièrement pris en compte, il faut au moins 667 kW.
| Configuration | Smin | Volume | Prime indicative |
|---|---|---|---|
| Maraîcher, PAC 500 kW, COP ≥ 4, serre d'au moins 7 500 m² | 7 500 m² | 7 800 MWh cumac | ≈ 50 700 € |
| Maraîcher, PAC 1 MW, COP ≥ 4, serre de 1 ha | 10 000 m² | 10 400 MWh cumac | ≈ 67 600 € |
| Maraîcher, PAC 1 MW, COP ≥ 4, serre d'au moins 1,5 ha | 15 000 m² | 15 600 MWh cumac | ≈ 101 400 € |
Estimations indicatives, sans engagement, sous réserve d'éligibilité et d'instruction du dossier. Le prix du kWh cumac est négocié avec l'obligé CEE et varie selon le marché : seul l'obligé valide et verse la prime effective.
Pompe à chaleur air/eau ou eau/eau : bien dimensionner
Une PAC air/eau capte les calories de l'air extérieur : pas de forage, mais une performance qui baisse par grand froid, à intégrer au dimensionnement. Une PAC eau/eau puise dans une nappe ou un réseau de capteurs enterrés : performance plus stable sur la saison, avec un forage et une autorisation de prélèvement à prévoir.
En serre, la pompe à chaleur couvre généralement la base des besoins annuels, une chaudière d'appoint prenant le relais lors des pointes de froid. Un stockage d'eau chaude lisse le fonctionnement de la machine et permet de produire la chaleur aux heures les plus favorables. Ce stockage peut lui-même relever des fiches AGRI-TH-101 et AGRI-TH-102. L'étude part toujours de la surface chauffée, des consignes de température jour et nuit et du réseau de distribution existant.
Cumul avec les autres opérations serre
Sur une même serre chauffée, d'autres fiches en vigueur portent sur des équipements distincts et font chacune l'objet de leur propre dossier :
- double tube de chauffage (AGRI-TH-118), qui distribue à basse température la chaleur produite par la PAC ;
- écrans thermiques, simple (AGRI-EQ-111) ou double (AGRI-EQ-102), qui réduisent les pertes nocturnes ;
- isolation des parois (AGRI-EQ-107) et couverture performante (AGRI-EQ-109) ;
- module d'intégration de température (AGRI-EQ-101) sur l'ordinateur climatique.
Rien dans ces fiches n'interdit le cumul avec AGRI-TH-108 ; le point est confirmé au dossier avec l'obligé CEE. Une même opération ne peut pas être valorisée deux fois.
Les étapes du dossier pompe à chaleur serre
- Vérification du profil : serre chauffée, réseau de distribution par eau, énergie actuelle, absence de chaudière à haute performance en relève.
- Dimensionnement : la surface chauffée et la puissance de la PAC fixent la surface retenue et le palier de performance.
- Engagement CEE avant la signature du devis : un devis signé avant l'accord avec l'obligé rend le dossier irrecevable.
- Installation par un professionnel et mise en service.
- Preuve de réalisation : facture conforme et attestation sur l'honneur.
- Contrôle et versement de la prime par l'obligé CEE.
Le cadre général du dispositif est présenté sur le site du ministère de la Transition écologique.
Questions fréquentes
La prime CEE pour une pompe à chaleur de serre est-elle encore disponible ?
Oui. La fiche AGRI-TH-108 est en vigueur, sans date de fin annoncée. Elle finance la mise en place d'une pompe à chaleur air/eau ou eau/eau pour chauffer une serre maraîchère ou horticole, neuve ou existante, et c'est aujourd'hui l'une des opérations les mieux valorisées pour une serre chauffée.
Ma serre n'est pas chauffée : puis-je bénéficier de la prime ?
Non. La prime porte sur le chauffage de la serre par la pompe à chaleur : le montant est calculé à partir de la surface chauffée et de la puissance de la machine. Une serre froide n'a pas de besoin de chauffage à couvrir.
Puis-je garder ma chaudière en appoint ?
Une chaudière d'appoint peut être conservée pour les pointes de froid. En revanche, la fiche exclut les pompes à chaleur installées en relève d'une chaudière à haute performance énergétique : dans ce cas, aucun certificat n'est délivré. Nous vérifions ce point avant tout devis.
Faut-il un installateur RGE ?
Non. La fiche AGRI-TH-108 demande une mise en place par un professionnel, sans exiger la certification RGE, qui concerne surtout le résidentiel.