Fiche CEE BAR-TH-162 : Panneaux Solaires Hybrides PVT.

"Un panneau photovoltaïque perd du rendement électrique en chauffant : le capteur hybride PVT récupère cette chaleur perdue pour produire de l'eau chaude, au lieu de la dissiper dans l'air ambiant".
- Principe du photovoltaïque-thermique (PVT)

La fiche d'opération standardisée BAR-TH-162 est le cadre réglementaire qui permet de financer l'installation de capteurs solaires hybrides PVT (photovoltaïque-thermique) dans les logements existants. Un même capteur y produit simultanément de l'électricité et de la chaleur, ce qui distingue cette technologie du photovoltaïque classique comme du chauffe-eau solaire individuel.

Bonification exceptionnelle jusqu'au 31 décembre 2026.

L'arrêté du 17 août 2026 porte la bonification CEE de la fiche BAR-TH-162 à x5 pour les ménages modestes et x4 pour les autres ménages. Elle s'applique à toute opération engagée entre le 1er septembre 2026 et le 31 décembre 2026.

Ce geste se distingue des autres fiches solaires du catalogue : contrairement au chauffe-eau thermodynamique (BAR-TH-148) ou au chauffe-eau solaire individuel (BAR-TH-101), le PVT n'a jamais été finançable par MaPrimeRénov'. Ce dispositif ne couvre pas la production d'électricité, donc la bonification CEE constitue un gain net, sans contrepartie de suppression d'aide existante.

Périmètre : maison individuelle existante, France métropolitaine. Les dossiers sont soumis à des contrôles renforcés (20 % sur site, 30 % par contact).

1. Domaine d'application et validité.

La fiche BAR-TH-162 s'applique aux opérations engagées (date de signature du devis) pour l'installation de capteurs solaires hybrides PVT destinés à la production d'eau chaude sanitaire dans un bâtiment résidentiel existant. Le bâtiment doit être achevé depuis plus de deux ans.

  • Secteur : Résidentiel (France métropolitaine).
  • Type de logement : Maison individuelle.
  • Ancienneté : Le bâtiment doit être achevé depuis plus de 2 ans à la date d'engagement de l'opération.

Note importante : Cette fiche couvre le volet thermique du capteur hybride (production d'eau chaude). Le volet électrique du même capteur (production de courant, autoconsommation ou revente) relève de dispositifs distincts, indépendants des CEE : prime à l'autoconsommation et obligation d'achat EDF OA.

2. Critères techniques d'éligibilité.

Le cahier des charges défini par l'arrêté ministériel encadre à la fois la certification des capteurs et la qualification du professionnel chargé de la pose.

A. Certification des capteurs hybrides.

Les capteurs solaires hybrides installés doivent bénéficier d'une certification attestant de leurs performances thermiques et électriques :

  • Certification CSTBat ou Solar Keymark pour le volet thermique.
  • Surface de capteurs installée supérieure ou égale à 6 m².
  • Ballon de stockage solaire dédié, raccordé au circuit hydraulique du capteur.

B. Qualification du professionnel.

La pose relève d'une double compétence, hydraulique et électrique. Le professionnel doit être titulaire d'une qualification RGE couvrant ces deux volets :

  • QualiPV (module hybride ou combiné).
  • QualiSol (Qualit'EnR), en complément sur le volet thermique.
  • Qualifelec (mention Solaire), pour le raccordement électrique.

3. Calcul du montant de certificats (kWh cumac).

Le volume de CEE délivré au titre du volet thermique du capteur hybride est forfaitaire.

La formule de calcul est la suivante.

Montant (kWh cumac) = Montant unitaire x Coefficient de précarité

Le "Montant unitaire" de la fiche BAR-TH-162 est le suivant :

Paramètre Valeur
Montant forfaitaire 20 900 kWh cumac.
Durée de vie conventionnelle 20 ans.
Surface minimale de capteurs 6 m².

Un forfait national unique.

À la différence du chauffe-eau solaire individuel (BAR-TH-101), dont le forfait varie selon la zone climatique H1/H2/H3, le montant de la fiche BAR-TH-162 est unique. Il s'applique de manière uniforme sur l'ensemble du territoire métropolitain, dès lors que la surface minimale de 6 m² est respectée. Le détail des forfaits par usage figure sur la fiche officielle BAR-TH-162 publiée par l'ADEME.

4. Exemple de valorisation financière.

Prenons une installation de 6 m² de capteurs hybrides PVT, respectant le seuil minimal de la fiche.
Le forfait est de 20 900 kWh cumac.

Si le cours du CEE classique est de 7 € / MWh cumac :
Prime CEE = 20,9 MWh x 7 € = 146,30 €.

Jusqu'au 31 décembre 2026, l'arrêté du 17 août 2026 bonifie ce volume de x5 pour les ménages modestes et x4 pour les autres ménages.
Prime CEE modestes = 146,30 € x 5 = 731,50 €.
Prime CEE autres = 146,30 € x 4 = 585,20 €.

Pour situer cette prime parmi les aides encore mobilisables en 2026, voir aide panneaux solaires hybrides PVT : ce qui reste financé.

Cette prime ne couvre que le volet thermique.

La prime CEE BAR-TH-162 valorise uniquement l'eau chaude produite par le capteur hybride. Le revenu ou l'économie liée à l'électricité produite (autoconsommation, revente à EDF OA) s'ajoute séparément et ne dépend pas du dispositif CEE.

5. Mentions obligatoires sur la facture.

Sans ces informations sur la facture, le PNCEE (Pôle National des CEE) rejettera automatiquement le dossier :

  • La mise en place de capteurs solaires hybrides PVT.
  • La marque et la référence des capteurs.
  • La certification des capteurs (CSTBat ou Solar Keymark).
  • La surface de capteurs installée, en m².
  • L'adresse des travaux.

Toute mention manquante entraînera un rejet du dossier et la perte de la prime.

6. Fonctionnement d'un capteur solaire hybride PVT.

Un capteur PVT superpose deux fonctions dans un même module : une couche photovoltaïque en surface, qui convertit la lumière en électricité, et un échangeur thermique en face arrière. Ce dernier récupère la chaleur produite par l'échauffement du panneau.

Le double bénéfice du refroidissement.

Un panneau photovoltaïque classique perd du rendement électrique lorsqu'il chauffe : au-delà de 25°C, chaque degré supplémentaire réduit sa production. Le circuit thermique du PVT refroidit le panneau en captant cette chaleur, ce qui améliore simultanément le rendement électrique et fournit de l'énergie thermique valorisable pour l'eau chaude sanitaire.

Deux circuits, deux usages.

L'électricité produite suit le circuit classique d'une installation photovoltaïque : autoconsommation directe, stockage sur batterie, ou revente au réseau via un contrat d'obligation d'achat. La chaleur récupérée suit un circuit hydraulique séparé, relié à un ballon de stockage, exactement comme sur un chauffe-eau solaire individuel classique.

7. Dimensionnement de l'installation.

La surface de capteurs conditionne à la fois la puissance électrique installée et le volume d'eau chaude valorisable. Le seuil minimal de 6 m² fixé par la fiche correspond, en pratique, à une installation résidentielle standard.

Surface Installée Puissance Électrique Indicative Volume de Ballon
6 m² 1 à 1,2 kWc 200 à 250 litres.
10 m² 1,8 à 2 kWc 300 litres.
15 m² et plus 2,7 à 3 kWc 400 litres.

Astuce professionnel.

Ces ordres de grandeur restent indicatifs : la puissance électrique réelle dépend du modèle de capteur choisi, chaque fabricant affichant un rendement propre. Demandez toujours la fiche technique du capteur pour vérifier sa puissance crête au m² avant de dimensionner l'installation.

8. Rentabilité : un double flux de valeur.

Contrairement aux autres fiches solaires du catalogue, la rentabilité d'un PVT combine deux sources d'économies : la chaleur valorisée sur la facture d'eau chaude, et l'électricité autoconsommée ou revendue sur la facture d'électricité.

Exemple illustratif : Installation de 6 m² (1 kWc), Zone H2.

  • Production électrique estimée : environ 1000 kWh/an (autoconsommée ou revendue selon le contrat).
  • Chaleur valorisée sur l'eau chaude : économie annuelle estimée à 150 € à 200 €.
  • Coût d'installation TTC (6 m², onduleur, ballon) : 7000 €.
  • Prime CEE bonifiée x5 (ménage modeste) : - 731,50 €.
    Investissement net : ≈ 6 269 €.
  • Prime CEE bonifiée x4 (autre ménage) : - 585,20 €.
    Investissement net : ≈ 6 415 €.

Ces chiffres sont donnés à titre illustratif : la production électrique réelle dépend fortement de l'ensoleillement local, de l'orientation et du tarif de rachat ou d'autoconsommation en vigueur au moment de l'installation. Un devis personnalisé reste indispensable pour évaluer la rentabilité précise d'un projet.

9. Points de vigilance lors de l'installation.

  • Double raccordement : L'installation nécessite à la fois un raccordement électrique (onduleur, compteur de production) et un raccordement hydraulique (ballon, circuit antigel). Cela complexifie la pose par rapport à un CESI ou un PV classique.
  • Orientation et inclinaison : Comme pour tout capteur solaire, une orientation sud et une inclinaison adaptée à la latitude maximisent le double rendement, électrique et thermique.
  • Dimensionnement du ballon : Un ballon trop petit limite la valorisation de la chaleur récupérée, sans affecter la production électrique.
  • Démarches administratives : Le volet électrique impose une déclaration préalable de travaux et, selon le cas, une demande de raccordement auprès du gestionnaire de réseau (Enedis).
  • Entretien du circuit thermique : comme pour un CESI, le fluide caloporteur doit être vérifié périodiquement pour éviter la dégradation du circuit.

10. Cumul des aides : optimiser le financement.

Le financement d'un PVT combine des dispositifs qui ne relèvent pas tous du même circuit administratif, thermique et électrique.

Aide Montant (ménage modeste) Conditions
Prime CEE BAR-TH-162 585,20 € à 731,50 € Bonification x4 (autres) à x5 (modestes) jusqu'au 31/12/2026, volet thermique uniquement.
Prime à l'autoconsommation Variable selon puissance Volet électrique, versée par EDF OA, hors CEE.
TVA réduite 10 % Selon puissance installée Logement > 2 ans, installateur RGE.
Éco-PTZ Prêt à 0 % jusqu'à 15 000 € Si couplé avec d'autres travaux (isolation...).

Stratégie gagnante : comparer avant de choisir.

Le PVT n'est pas systématiquement le choix le plus rentable : un chauffe-eau solaire individuel classique (BAR-TH-101) coûte souvent moins cher à surface équivalente, s'il n'y a pas de besoin de production électrique. Le PVT se justifie surtout lorsque la toiture disponible est limitée et qu'il faut optimiser les deux usages sur la même surface.

Questions fréquentes BAR-TH-162.

Quelle différence entre PVT et photovoltaïque classique ?

Un panneau photovoltaïque classique ne produit que de l'électricité, et la chaleur qu'il génère en chauffant est perdue dans l'air. Le PVT récupère cette chaleur via un circuit hydraulique en face arrière, pour produire de l'eau chaude en plus de l'électricité.

Le PVT est-il plus rentable qu'un CESI classique ?

Pas nécessairement. Un CESI seul (BAR-TH-101) coûte souvent moins cher pour le même service de production d'eau chaude. Le PVT devient intéressant lorsque la surface de toiture disponible est limitée et qu'il faut cumuler production électrique et thermique sur le même espace.

Peut-on revendre l'électricité produite par un PVT ?

Oui, comme pour un panneau photovoltaïque classique, l'électricité produite peut être autoconsommée, stockée, ou revendue dans le cadre d'un contrat d'obligation d'achat auprès d'EDF OA. Cette valorisation électrique est indépendante de la prime CEE BAR-TH-162.

Pourquoi le forfait ne varie-t-il pas par zone climatique ?

À la différence du chauffe-eau solaire individuel (BAR-TH-101), la fiche BAR-TH-162 fixe un montant forfaitaire unique de 20 900 kWh cumac. Il est applicable sur l'ensemble du territoire métropolitain, dès lors que la surface minimale de 6 m² est respectée.

Quelle est la durée de vie conventionnelle ?

Pour le calcul des CEE, la durée de vie conventionnelle d'un capteur solaire hybride PVT est fixée à 20 ans, identique à celle du chauffe-eau solaire individuel.

Le PVT nécessite-t-il un entretien spécifique ?

Oui, un entretien double : le circuit électrique (onduleur, connectique) suit les préconisations d'un photovoltaïque classique, tandis que le circuit thermique (fluide caloporteur, ballon) suit celles d'un chauffe-eau solaire individuel.