La déshumidification en serre agricole est un enjeu à la fois agronomique et économique. Une mauvaise maîtrise de l'humidité coûte des dizaines de milliers d'euros en traitements phytosanitaires, pertes de récolte et surconsommation de chauffage. Le programme CEE finance deux technologies distinctes pour y répondre : la fiche AGRI-TH-117 pour les déshumidificateurs thermodynamiques (710 kWh/m²) et la fiche AGRI-TH-119 VMC double flux serre (440 à 760 kWh/m²).
L'humidité en serre : un enjeu agronomique et économique majeur
Dans une serre chauffée, les cultures produisent en permanence de la vapeur d'eau par évapotranspiration. Une plante de tomate adulte peut transpirer plusieurs litres d'eau par jour ; une serre de 3 000 m² peut ainsi générer des centaines de litres de vapeur à l'heure en pleine saison. Cette humidité doit être gérée en permanence.
La méthode traditionnelle — chauffer puis ouvrir les ouvrants pour laisser sortir l'air humide — représente une perte directe d'énergie. En hiver, cette technique peut représenter 25 à 35 % de la consommation de chauffage. Pour une exploitation consommant 500 000 kWh de gaz par an, c'est jusqu'à 175 000 kWh gaspillés en ventilation d'urgence.
Pour en savoir plus sur les solutions CEE pour serres agricoles dans leur ensemble, consultez notre guide sectoriel.
Botrytis et oïdium : le coût réel d'une mauvaise gestion de l'humidité
Une humidité relative supérieure à 85-90 % pendant plusieurs heures consécutives crée les conditions idéales pour le développement de maladies fongiques. Deux champignons sont particulièrement redoutés des serristes :
Le botrytis (Botrytis cinerea)
Le botrytis, ou pourriture grise, est le champignon numéro un en serre. Il se développe sur toutes les parties aériennes de la plante : feuilles, tiges, fruits. Sur une culture de tomates, une attaque sévère peut détruire 20 à 40 % de la récolte. Le coût des traitements fongicides, combiné aux pertes de production, peut atteindre plusieurs euros par m² par an.
L'oïdium
L'oïdium se développe au contraire dans les conditions d'humidité fluctuante — pic d'hygrométrie nocturne suivi d'assèchement diurne. Ce cycle, typique des serres mal régulées thermiquement, favorise la sporulation. L'oïdium réduit la qualité visuelle des fruits et légumes, entraînant des déclassements commerciaux coûteux.
La clé : maintenir une hygrométrie stable en permanence, sans pics nocturnes. C'est exactement ce qu'offre un déshumidificateur serre bien dimensionné, couplé ou non à une VMC double flux.
Deux technologies de déshumidification CEE pour les serres
Le déshumidificateur thermodynamique — Fiche AGRI-TH-117
Le déshumidificateur thermodynamique fonctionne comme une pompe à chaleur dédiée à l'extraction d'eau de l'air. Il aspire l'air interne, le refroidit sous son point de rosée pour en condenser la vapeur d'eau, puis le réchauffe avec la chaleur de condensation récupérée avant de le restituer dans la serre.
Avantage clé : système en circuit fermé, 100 % de l'énergie reste dans la serre. L'eau extraite est récupérable pour l'irrigation (eau propre, sans minéraux). Piloté par l'ordinateur climatique, il intervient précisément quand l'hygrométrie dépasse le seuil paramétré.
La fiche CEE AGRI-TH-117 déshumidificateur thermodynamique offre un forfait de 710 kWh cumac par m² de serre.
La VMC double flux — Fiche AGRI-TH-119
La VMC double flux traite l'humidité différemment : elle renouvelle l'air de la serre en récupérant la chaleur de l'air extrait grâce à un échangeur thermique. Elle gère à la fois l'humidité liée aux renouvellements d'air nécessaires (CO2 frais, élimination des gaz indésirables) et contribue à la régulation du DPV.
Contrairement au déshumidificateur, la VMC introduit de l'air extérieur — ce qui est parfois nécessaire pour maintenir une concentration en CO2 adéquate sans injection artificielle. Forfait : 440 kWh/m² (simple flux) ou 760 kWh/m² (double flux) via la VMC double flux pour serre.
Comparatif AGRI-TH-117 vs AGRI-TH-119
| Critère | AGRI-TH-117 (Déshu thermodynamique) | AGRI-TH-119 (VMC) |
|---|---|---|
| Circuit d'air | Fermé (interne uniquement) | Ouvert (air extérieur entrant) |
| Humidité traitée | Évapotranspiration des plantes | Renouvellements d'air + apports extérieurs |
| Forfait CEE (P6) | 710 kWh cumac/m² | 440 ou 760 kWh cumac/m² |
| Récupération d'eau | Oui (réutilisable pour irrigation) | Non |
| CO2 conservé | Oui (circuit fermé) | Partiel (récupération chaleur, pas CO2) |
| Cumul possible | Oui — complémentaires sur même serre | |
Cas pratique : serre de tomates de 3 000 m²
Considérons une serre maraîchère de 3 000 m² en culture de tomates sous chauffage gaz, située dans la région Centre-Val-de-Loire. L'exploitant constate des attaques récurrentes de botrytis et une surconsommation de chauffage liée aux ouvertures nocturnes.
Solution retenue : installation d'un déshumidificateur thermodynamique (AGRI-TH-117) + VMC double flux (AGRI-TH-119, variante double flux).
Calcul des primes CEE cumulées sur 3 000 m²
- AGRI-TH-117 : 3 000 m² × 710 kWh/m² = 2 130 000 kWh cumac
- AGRI-TH-119 (double flux) : 3 000 m² × 760 kWh/m² = 2 280 000 kWh cumac
- Total : 4 410 000 kWh cumac
- Prime estimée : 30 870 € à 44 100 € (à 0,007–0,010 €/kWh cumac)
En complément de la prime, l'exploitant peut s'attendre à des économies de chauffage de l'ordre de 15 à 25 % sur sa facture annuelle, ainsi qu'une réduction significative des coûts phytosanitaires grâce à l'élimination des pics d'humidité nocturnes.
Conditions d'éligibilité CEE
Les deux fiches s'appliquent aux serres maraîchères et horticoles chauffées avec une consigne de température supérieure à 12°C. Les équipements doivent être installés par des professionnels qualifiés et répondre aux critères techniques de chaque fiche (performance R ≥ 2 L/kWh pour le déshumidificateur, rendement échangeur certifié pour la VMC double flux).
L'engagement auprès d'un obligé CEE doit précéder la signature du devis. Le détail complet des conditions pour chaque fiche est disponible sur le portail PNCEE — texte AGRI-TH-117 et sur le Ministère de l'Agriculture.
ROI et retour sur investissement
Le retour sur investissement d'un système de déshumidification en serre dépend de plusieurs facteurs : taille de la serre, culture pratiquée, prix de l'énergie et montant de la prime CEE obtenue. Dans la majorité des cas observés :
- Économies de chauffage : 15 à 25 % de réduction de la consommation énergétique liée à la ventilation
- Économies phytosanitaires : réduction de 30 à 60 % des traitements fongicides selon la pression de maladie initiale
- Gain de rendement : 5 à 15 % d'augmentation sur les cultures sensibles à l'hygrométrie (tomates, fraises, concombres)
- Retour sur investissement net (après prime CEE) : 2 à 4 ans selon la configuration
Notre accompagnement pour vos dossiers CEE déshumidification
ECO Performance Solutions accompagne les exploitants agricoles dans l'optimisation de leurs primes CEE pour la déshumidification des serres. Notre rôle de mandataire non-obligé garantit une approche indépendante, centrée sur vos intérêts.
- Diagnostic gratuit : analyse de votre serre et identification des fiches applicables
- Calcul de prime optimisé : comparaison des scénarios (déshu seul, VMC seule, combiné)
- Coordination installateur : vérification de la conformité des équipements retenus
- Gestion administrative complète : de la réservation des certificats au versement de la prime
FAQ — Déshumidification en serre agricole
Quelle est la différence entre un déshumidificateur et une VMC pour serre ?
Le déshumidificateur thermodynamique (AGRI-TH-117) traite l'humidité interne produite par les plantes en circuit fermé. La VMC double flux (AGRI-TH-119) gère les renouvellements d'air nécessaires en récupérant la chaleur de l'air extrait. Les deux solutions sont complémentaires.
Peut-on bénéficier des deux fiches CEE AGRI-TH-117 et AGRI-TH-119 ?
Oui. Les fiches AGRI-TH-117 et AGRI-TH-119 sont cumulables sur la même serre. Sur une exploitation de 3 000 m², la prime cumulée peut dépasser 40 000 € selon la variante retenue pour AGRI-TH-119.
À quelle hygrométrie doit-on maintenir une serre de tomates ?
Pour une culture de tomates, l'hygrométrie optimale se situe entre 65 et 80 %. La nuit, éviter de dépasser 85 % pour prévenir le botrytis. Le DPV cible est de 0,8 à 1,5 kPa selon la température et la lumière disponible.
Le déshumidificateur AGRI-TH-117 fonctionne-t-il aussi en hiver ?
Oui. Le déshumidificateur thermodynamique est particulièrement précieux en hiver, période où les ouvrants restent fermés. En traitant l'air en circuit fermé, il maintient l'hygrométrie sous le seuil critique sans pertes thermiques.
Quel est le ROI typique d'un déshumidificateur serre avec prime CEE ?
Avec la prime CEE couvrant 30 à 50 % du coût d'installation, le retour sur investissement se situe entre 2 et 4 ans selon la taille de la serre et la culture. Les économies de phytosanitaires s'ajoutent aux économies de chauffage pour accélérer ce retour.
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